À propos

Jimmy Lemos, Chloé Porée et Laurie Waldung sont les membres permanents du Corpus Urbain. Ils ont tous effectué la formation des classes de la Comédie de Reims dans deux promotions différentes. Il se sont rencontrés avec l’envie de monter un collectif artistique centré sur le spectacle vivant où chacun d’entre-eux pourrait créer et défendre ses envies au sein d’un groupe de confiance.

Chacun a pu, à l’école ou en travaillant avec différentes compagnies, expérimenter le plateau à sa manière, à travers la mise en scène ou le jeu, le théâtre jeune public, la forme marionnettique ou le théâtre contemporain qu’ils ont choisi de défendre. Ces différences n’ont fait que les rapprocher et chacun a ainsi trouvé sa place de façon logique au fur et à mesure des premières séances de travail.

C’est comme une évidence qu’ils se sont concentrés sur un texte, celui de Dennis Kelly, qui a donné naissance, en 2015, au spectacle Orphelins. Grâce à ce dernier, ils ont pu bénéficier du dispositif de Soutien aux Emergences de la région Champagne-Ardenne par le biais d’un parrainage de la compagnie Théâtr’âme dirigée par Danièle Israël pour une période de trois ans. Eldorado, un texte de Marius Von Mayenburg, est alors devenu leur nouveau défi.

Le collectif du Corpus Urbain défend un théâtre narratif dynamique, où les corps et le texte travaillent ensemble pour rendre les spectateurs actifs et concernés.

Ils choisissent des pièces traitant de sujets actuels résonnant avec la société dans laquelle nous vivons. Ils tentent de mettre en valeur les thèmes abordés, de les soulever afin d’amener à une réflexion positive sur l’état actuel des choses dans le domaine politique, social et familial.

Pour ce faire, ils focalisent leur travail sur l’Homme, la complexité des rapports humains, la difficulté de vivre ensemble. Leur but n’est pas de porter un jugement sur les choix, les actes des Hommes mais d’essayer de comprendre les causes qui ont motivé ces choix. Ils s’efforcent donc de trouver les failles mais également l’humanité de chacun de leurs personnages.

Ils ont à coeur d’explorer les relations humaines notamment par le biais des rapports familiaux. En effet, la famille est au coeur de leurs créations. Au sein d’une même famille, nous retrouvons les mêmes problématiques qu’ailleurs mais de façon décuplée.

Les relations des plus fusionnelles au plus conflictuelles offrent alors une multitude de possibilités afin d’explorer au mieux ces liens complexes. Dans quelle mesure le contexte familial dans lequel nous grandissons a-t-il des conséquences sur le reste de notre vie ? Et à quel point l’environnement social influe sur celui-ci ?

Un des autres thèmes de prédilection du Corpus Urbain est sans aucun doute la notion d’inégalité sociale, de clivage. Ils tiennent à mettre en lumière « les gens en marge de la société », à leur donner la parole.

Dans le contexte politique actuel, il leur semble important de ne pas suivre la tendance, de ne pas céder à des raisonnements simplistes qui useraient de raccourcis pour mettre les gens dans des cases.

Ils se veulent porteurs de la parole forte d’auteurs contemporains car ces derniers les aident à comprendre les maux de nos sociétés et l’absurdité parfois grandissante du monde dans lequel nous vivons. Ils choisissent des textes qui remuent, qui secouent nos certitudes. Sous leurs airs trashs s’offre alors à eux un théâtre de la vie d’une grande intelligence.

Pour Wajdi Mouawad : l’artiste tel le scarabée d’or se nourrit de la pourriture du monde pour en faire jaillir la lumière. Les auteurs qu’ils sélectionnent sont de cette trempe. Ils réussissent parfaitement cette mission. Tel est le véritable but de ce jeune collectif : être le véhicule d’une parole brute qui n’a pas peur de remuer les déchets de ce monde pour tenter de le rendre meilleur, chacun à son échelle.

La réflexion profonde sur des thèmes majeurs de nos sociétés contemporaines est souvent doublée d’un humour féroce. Effectivement, il leur semble important que le tragique et le comique se côtoient de près. Aller dans cette direction et donc ne pas s’enfermer dans un seul style, mais avoir cette prétention de faire rire et pleurer (ou du moins émouvoir) les spectateurs afin de les rendre le plus actifs possible, et qu’ils ressortent des créations du Corpus Urbain bousculés comme après une tragédie mais également allégés comme au sortir d’une comédie, tel est l’objectif ambitieux qui unit les membres de ce collectif.